Taux du Livret A : combien rapporte réellement votre épargne
Le Livret A est rémunéré à 1,70 % depuis le 1er août 2026, en application de l’arrêté du 28 juillet. Net d’impôt sur le revenu et de prélèvements sociaux, il s’applique automatiquement à toutes les sommes déjà déposées et court jusqu’au 31 janvier 2027. Elle vaut également pour le LDDS, qui lui est indexé, et sert de plancher au Livret Jeune.
Cette page indique le niveau en vigueur, la façon dont il est calculé, ce qu’il rapporte concrètement compte tenu de la règle des quinzaines, et la place du Livret A par rapport aux autres livrets réglementés. Elle est mise à jour à chaque révision.
Le taux du Livret A en vigueur aujourd’hui
Il s’établit à 1,70 %, en vigueur depuis le 1er août 2026, après une hausse depuis les 1,50 % qui s’appliquaient du 1er février au 31 juillet 2026. Il est net : ni impôt sur le revenu, ni prélèvements sociaux, ce qui le rend directement comparable à celui d’un produit fiscalisé. Un compte d’épargne bancaire ordinaire devrait ainsi servir près de 2,50 % brut pour offrir un rendement équivalent après la flat tax de 30 %.
Ce taux s’applique automatiquement à l’ensemble des sommes déjà déposées, sans aucune démarche de votre part : il n’est pas figé à la date d’ouverture du livret. Le plafond de versement reste inchangé à 22 950 euros depuis 2013, hors intérêts capitalisés qui peuvent porter le solde au-delà. Environ 58 millions de comptes sont ouverts en France, pour un encours proche de 447 milliards d’euros, ce qui en fait de loin le placement le plus répandu du pays. Plus de cinq milliards ont toutefois été retirés depuis janvier 2026, signe que les épargnants arbitrent progressivement vers des supports plus rentables.
Les livrets concernés par cette rémunération
Ce chiffre ne le concerne pas seul. Le Livret de développement durable et solidaire y est directement indexé et affiche donc également 1,70 %, avec un plafond de 12 000 euros. Le Livret Bleu du Crédit Mutuel, héritier d’une réglementation spécifique, applique la même rémunération. Le Livret Jeune, dont la rémunération est fixée librement par chaque banque, ne peut réglementairement pas descendre en dessous de celui du Livret A. Seul le Livret d’épargne populaire échappe à cette indexation, avec un régime propre.
Jusqu’à quand ce taux s’applique-t-il
L’épargne réglementée est révisée deux fois par an, au 1er février et au 1er août. Le niveau actuel court donc jusqu’au 31 janvier 2027, et la prochaine annonce interviendra à la mi-janvier, le gouvernement communiquant généralement quelques semaines avant l’entrée en vigueur. Rien ne permet aujourd’hui d’anticiper le sens de cette révision : elle dépendra de l’évolution de l’inflation et des taux de la zone euro sur le semestre en cours.
Comment ce chiffre est calculé
Contrairement à une idée répandue, rien n’est fixé arbitrairement : tout résulte d’une formule inscrite dans un arrêté, que le gouvernement conserve la possibilité de moduler. La règle retient la moyenne de deux composantes sur les six mois précédents. D’un côté l’inflation en France mesurée hors tabac sur les douze derniers mois, de l’autre la moyenne des taux interbancaires à court terme de la zone euro.
Le résultat obtenu est arrondi au dixième de point le plus proche, avec un plancher réglementaire fixé à 0,50 %. Comprendre ce mécanisme permet d’anticiper le sens des révisions à venir : lorsque l’inflation reflue ou que la Banque centrale européenne abaisse ses taux directeurs, cette formule le pousse mécaniquement vers le bas, et inversement. Le gouvernement peut s’écarter de ce résultat, mais il doit alors motiver sa décision, ce qu’il a fait à plusieurs reprises ces dernières années pour protéger les épargnants d’une baisse trop brutale. C’est la raison pour laquelle le chiffre retenu ne correspond pas toujours exactement à ce que la règle laissait attendre.
L’évolution de la rémunération ces dernières années
Elle atteignait 3 % jusqu’en janvier 2025, avant de descendre à 2,40 % en février 2025, puis à 1,70 % au 1er août 2025 et à 1,50 % au 1er février 2026. La remontée à 1,70 % en août 2026 interrompt cette séquence de baisses. Ces mouvements suivent de près le reflux de l’inflation observé sur la période : l’inflation en étant la composante principale, ce placement retrace mécaniquement la trajectoire des prix avec quelques mois de décalage.
Le cas particulier du LEP
Le Livret d’épargne populaire obéit à une règle distincte, plus favorable, et verse 2,50 % depuis le 1er août 2026. Le calcul réglementaire donnait un résultat inférieur, à 2,20 %, mais le gouvernement a retenu la valeur la plus élevée. Réservé sous conditions de ressources et plafonné à 10 000 euros, le LEP reste le produit d’épargne le mieux payé du marché réglementé. Si vous y êtes éligible, c’est celui à remplir en priorité, avant même le Livret A.
Combien rapporte votre Livret A : le calcul réel
Le chiffre affiché n’est pas exactement ce que vous percevez, et l’écart tient à une règle de calcul que peu d’épargnants connaissent. Les intérêts ne sont pas calculés au jour le jour mais par quinzaine. Toute somme versée ne commence à produire des intérêts que le premier jour de la quinzaine suivant son inscription au compte, et tout retrait fait perdre les intérêts de la quinzaine en cours.
La conséquence pratique est simple à exploiter. Effectuez vos versements juste avant le 1er ou le 16 du mois, et vos retraits juste après ces mêmes dates. Un versement fait le 2 du mois perd quatorze jours de rémunération par rapport au même versement fait le 31 du mois précédent. Sur des mouvements réguliers et des montants significatifs, l’écart cumulé sur une année devient perceptible, pour un effort d’organisation nul. Cette règle explique aussi pourquoi un compte utilisé au quotidien, avec des mouvements fréquents dans les deux sens, rapporte nettement moins que le chiffre affiché ne le laisse supposer.
Le rendement d’un livret au plafond
Un compte rempli à son plafond de 22 950 euros et laissé intact toute l’année produit 390,15 euros d’intérêts à 1,70 %. Cette somme est nette : elle ne supporte aucun prélèvement et n’a pas à être déclarée. Les intérêts sont versés au 31 décembre et capitalisés, c’est-à-dire ajoutés au solde et productifs d’intérêts à leur tour l’année suivante. C’est la seule façon dont le solde peut légalement dépasser le plafond de versement.
Ce que le taux ne compense pas
Avec une inflation attendue autour de 2 % en 2026 selon l’INSEE, une rémunération de 1,70 % laisse un gain réel légèrement négatif. Un épargnant au plafond perd donc un peu de pouvoir d’achat chaque année, même si son solde augmente. Ce constat n’enlève rien à son utilité comme réserve disponible, mais il explique les retraits importants observés depuis janvier 2026 et justifie de ne pas y laisser dormir une épargne dont vous n’aurez pas besoin avant plusieurs années.
La hausse d’août et ce qui l’a provoquée
La révision entrée en vigueur au 1er août 2026 a surpris une partie des épargnants, habitués depuis deux ans à une succession de baisses. Elle s’explique par la mécanique réglementaire elle-même, et non par une décision discrétionnaire. Le mode de calcul repose sur deux composantes semestrielles : l’inflation française mesurée hors tabac sur douze mois glissants, et la moyenne des taux interbancaires à court terme de la zone euro, c’est-à-dire l’indice que les banques se facturent entre elles pour se prêter des liquidités.
Sur le semestre observé, ces deux composantes se sont redressées simultanément, ce qui a poussé le résultat vers le haut. Le ministère de l’Économie et des Finances a confirmé le chiffre par arrêté fin juillet, et le ministre a précisé qu’aucune modulation discrétionnaire n’avait été appliquée cette fois-ci. Pour un épargnant, l’enseignement pratique est qu’il n’y a rien à anticiper ni à surveiller entre deux révisions : le calcul se déclenche automatiquement, et les infos circulant sur une prochaine baisse ou une prochaine hausse relèvent de la conjecture tant que l’arrêté n’est pas publié.
Ce que la hausse change concrètement sur une année
Le gain annuel supplémentaire reste modeste. Sur un solde de 10 000 euros, le passage de 1,50 % à 1,70 % représente 20 euros de plus sur douze mois. Sur un compte rempli au plafond, l’écart atteint environ 46 euros. Ces montants ne modifient pas la place de ce support dans un patrimoine : il reste une réserve disponible, pas un moteur de performance. Ils rappellent surtout que l’écart entre deux produits d’épargne réglementée se joue davantage sur le plafond et l’éligibilité que sur quelques dixièmes de point.
Qui modifie le chiffre, et selon quel calendrier
La Banque de France transmet le résultat du calcul au ministère, qui le valide ou le module par arrêté publié au Journal officiel. Une nouvelle valeur ne peut donc apparaître qu’à deux dates dans l’année, au 1er février et au 1er août, sauf circonstance exceptionnelle. Aucune banque ne dispose de la moindre marge pour s’en écarter, à la hausse comme à la baisse : c’est ce qui distingue ces produits des offres commerciales, dont la rentabilité varie librement d’un établissement à l’autre et dans le temps.
Dans quel ordre remplir ses produits d’épargne
Les produits d’épargne réglementée remplissent tous la même fonction, celle d’une réserve immédiatement disponible et garantie, mais leurs plafonds et leurs conditions d’accès diffèrent. L’ordre dans lequel vous les remplissez a donc un effet direct sur ce que rapporte votre argent, sans changer ni le niveau de risque ni la disponibilité des fonds.
La règle est mécanique : commencez par le produit le mieux payé auquel vous avez droit, puis descendez. Le LEP arrive en tête à 2,50 % pour les foyers éligibles, avec un plafond de 10 000 euros. Le Livret A et le LDDS suivent, pour 22 950 et 12 000 euros respectivement. Un foyer éligible au LEP dispose ainsi de près de 45 000 euros de capacité totale en épargne réglementée, ce qui couvre largement une réserve de précaution pour la plupart des situations. Rien n’oblige d’ailleurs à les remplir jusqu’à leur plafond : la question utile n’est pas de savoir combien vous pouvez y placer, mais combien vous avez besoin de garder disponible.
Une garantie de l’État, pas seulement de la banque
Les sommes déposées bénéficient de la garantie de l’État, distincte et supérieure au mécanisme de garantie des dépôts bancaires plafonné à 100 000 euros par établissement. Une partie de la collecte est centralisée à la Caisse des dépôts et consignations, où elle finance notamment le logement social et la politique de la ville. Cette double caractéristique explique qu’il reste le support privilégié pour l’épargne de précaution, indépendamment du niveau de sa rémunération.
Que faire au-delà des plafonds
Une fois ces produits remplis, l’épargne supplémentaire n’a plus d’intérêt à rester sur un compte bancaire ordinaire, dont le rendement brut est amputé de 30 % par la flat tax. Le fonds en euros d’un contrat d’assurance vie constitue le prolongement naturel : le capital reste garanti, la disponibilité demeure, et le rendement s’est redressé avec la remontée des taux. Pour une épargne dont l’horizon dépasse huit ans, d’autres supports deviennent pertinents.
Mise en garde : les informations de cette page sont fournies à titre pédagogique et ne constituent pas un conseil en investissement personnalisé. Les taux indiqués sont ceux en vigueur à la date de dernière mise à jour de cette page.
